« Pour devenir des décideurs éclairés, pouvoir être visionnaires dans ce monde qui change vite et emmener ses équipes vers demain, j’invite les leaders à apprendre à coder, à passer de l’autre côté du miroir ».

C’est avec cette parabole tirée d’Alice aux pays des merveilles qu’Aurélie Jean, mécanicienne du numérique et fondatrice de In Silico Veritas, a tenté, pour la 10e édition de l’USI, de convaincre les dirigeants engagés dans la transformation digitale à tester pour mieux décider. « Je suis passée de l’autre côté du miroir. Je suis une geek même, oui, mais je suis surtout une utilisatrice éclairée des nouvelles technologies. Grâce au code, je ne panique jamais. Je réfléchis, je rationalise et ça c’est important », précise Aurélie Jean au début de sa conférence. L’innovation, elle le sait, est sur toutes les lèvres. Les entreprises ont toutes compris que le numérique pouvait être un vecteur de croissance exponentielle. Mais parce qu’elle est passé de l’autre côté du miroir, elle pense qu’il n’est pas difficile pour un décideur d’y passer à son tour, afin de « faire partie de l’écosystème digital » et surtout de « le comprendre ».

« Je ne parle pas d’apprendre à coder pour devenir des développeurs mais bien pour devenir des décideurs éclairés et non éblouis ».

Devenez un décideur éclairé grâce au code

En temps de révolution digitale, la définition du leadership a changé

Car innovations numériques et nouvelles technologies obligent, tout va plus vite. Si beaucoup définissent encore un leader comme une personne capable de mener, de diriger un groupe ou un Etat, pour Aurélie Jean cette perception est réductrice. « Dans la révolution technologique, il doit être un super-héros », affirme-t-elle. Pour être en capacité de se projeter dans le futur avec une échelle temporelle raccourcie, tout leader doit, selon elle, se doter d’au moins sept pouvoirs. Et l’apprentissage du code facilite leur acquisition. Codeuse depuis plus de 15 ans dans des domaines aussi variés que la modélisation numérique du cœur et du cerveau ou la finance chez Bloomberg, la jeune femme passionnée de maths et de mécanique a d’abord tenu à se présenter et à légitimer sa prestation sur une des scènes de l’USI 2017, avant de livrer les pouvoirs que le code procure.

« Et l’an dernier, j’ai créé In Silico Veritas pour inviter les femmes à devenir des développeurs d’abord, et pour aider les entreprises. À leur adresse, je parle de transformation digitalo-analytique. Une formule que j’ai inventée pour dire que la transformation digitale est finie et qu’il en existe une plus puissante mais invisible, la transformation digitalo-analytique. Celle qui fait qu’on ne va pas seulement atteindre son utilisateur ou son client mais aussi le comprendre grâce à la data. « Et qui dit data dit algorithme analytique et donc code », raconte Aurélie Jean.

« Cette transformation est l’une raison pour laquelle les leaders de demain doivent apprendre à coder »

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Le pouvoir du code

Pour elle, un leader éclairé par le code a donc les atouts d’un super-héros, et possède de nombreux pouvoirs :

  • Et son premier pouvoir, c’est la « projection dans le futur ».
  • La « détection des nouveaux talents », ou la communication et la confiance. « Un leader m’a dit un jour « my team trust me because I know »». Et en effet, le lien de confiance est central. On doit être capable de répondre à des questions auxquelles on n’a pas l’habitude de répondre, sur le numérique, des aspects techniques notamment. Encore une fois, le code informatique va vous permettre de maitriser, de développer une confiance en vous-même. « De comprendre ce que dit l’autre », plaide la codeuse star.
  • Très important à ses yeux, l’autre pouvoir d’un leader est la passion. Elle a ainsi cité les propos d’une décideuse lui confiant qu’apprendre à coder lui donnait « plus de passion » car elle voyait « plus de possibilités ». C’est donc en comprenant le monde digital dans lequel il évolue qu’un leader peut retrouver l’envie et identifier les potentiels d’innovation.
  • Derniers pouvoirs identifiés par l’experte et nécessaires aux leaders de demain : le leadership positif, la prise de décision perspicace et l’analyse critique. « Aujourd’hui un décideur estime le coût de la décision. Mais comment est-ce possible de le faire dans un domaine ou un contexte qu’on ne connaît pas ? Encore une fois le code peut permettre de mieux maitriser cet écosystème ».

Pour Aurélie Jean, le leader de demain n’est donc pas seulement un meneur mais un super héro doté de sept pouvoirs ou plus pour lesquels le code informatique représente « un socle très important pour se faire comprendre et comprendre ». Un savoir qui, comme le disait Steve Jobs, « vous apprend à penser ». En conclusion de son intervention à l’USI, elle invite les décideurs à se former. A l’occasion de séminaires de deux jours qu’elle propose, seuls, ou avec un coach. Pour « démystifier une disciplines et comprendre les mécanismes sous-jacents d’une révolution ».

 

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