USI 2017, c’est terminé. Et tout reste à faire !

1800 participants, issus d’une quarantaine d’entreprises, se sont rendus au Carrousel du Louvre pour deux jours d’énergie intellectuelle ; un instantané de notre monde en bascule. Le choix assumé de l’éclectisme – dans les thèmes abordés et les expertises de speakers – invite chacun d’entre nous à penser l’avenir à travers un nouveau paradigme. USI propose une véritable philosophie du changement, pour passer de simple spectateur à acteur.

Le public de la conférence USO 2017 participe à la création de notre avenir

Un nouveau mythe de l’Homme

Il y a deux, trois ans à peine, l’intelligence artificielle était un sujet encore proche de la science-fiction. Cette année, il est devenu une évidence et se retrouvait instinctivement au coeur de nombreuses conférences.

Et pour cause, nous vivons une époque de révolution par la cognition : “From electrifying to cognifying” pour citer Kevin Kelly. Dotées jusqu’ici de muscles, les machines se voient attribuer un cerveau propre, avec lequel nous pouvons collaborer de manière inédite. Une façon d’augmenter les capacités de l’Homme, en s’intégrant même directement dans son corps, comme l’expliquait Moran Cerf. Oui, nous pourrions aujourd’hui nous greffer des bras mécaniques – des ailes même, si nous en avions besoin. Notre cerveau, dans sa plasticité, trouverait les ressources nécessaires pour s’adapter, intégrer cette technologie, et redistribuer les fonctions en conséquence. Nos neurones ont leur propre langage, et nous commençons tout juste à comprendre leurs murmures.

 

Voir les vidéos des conférences USI 2017

 

L’intelligence humaine est sans équivalent. Elle peut être secondée, augmentée. Remplacée ? Deux conceptions émergent. D’une part, la vision d’une intelligence artificielle capable d’égaler, voire dépasser celle de l’homme : la superintelligence défendue par Nick Bostrom. D’autres défendent l’idée d’une  diversité de l’intelligence : qu’elle soit humaine, animale, artificielle… “Nous allons vers un véritable zoo d’intelligences à organiser” déclarait Laurent Alexandre – avec au coeur de sa réflexion, une nécessité de changer en profondeur le système éducatif pour préparer nos générations futures à ce terrain intellectuel inédit.

A nous de créer le genre de relation que nous voulons avoir avec les machines. Susan Weinschenk nous rappelle que notre histoire est celle que nous décidons d’écrire. A travers nos fantasmes, nos projections, nos émotions humaines – comme le fait de s’attacher aux machines que nous créons, jusqu’à les considérer comme des “Brobots” !

Une projection certes difficile et qui nécessite fatalement d’emprunter un schéma de pensée nouveau. Non, nous ne sommes pas tous comme Einstein, capable de procéder par expériences de pensée ! Mais comme dit Etienne Klein : « Est-ce qu’une situation est impossible ou est-ce que les équations qui disent que c’est impossible sont fausses ? » Notre force résidera dans notre capacité à remettre en question ce qui nous paraît évident.

A expérimenter !

“People are stuck in the 20th century” s’exclamait Eddie Obeng. Pour lui, l’homme augmenté ne se rapproche pas d’un cerveau à puce ou d’une troisième main artificielle. C’est dans notre changement de comportement que l’upgrade aura lieu : dans la formation, dans l’utilisation de la technologie comme objet de facilitation, dans notre rapport à l’erreur… Fail fast ? John Maeda n’est pas tout à fait d’accord : “Recover fast!” Mêmes effets, mais une vraie philosophie positive derrière, qui met l’accent sur la réussite et la compassion. Nous ne sommes rien sans nos semblables – aussi incohérents sommes-nous dans notre comportement et nos prises de décision, comme le soulignait Dan Ariely !


A lire :

Dan Ariely – L’Homme est un animal irrationnel


Le changement s’exprime d’abord à travers notre rapport à l’autre :

  • en entreprise, pour optimiser notre travail en équipe et réinventer le leadership (deux conditions indispensables pour devenir Agile).
  • au quotidien, pour affronter la peur de l’inconnu.

Photo d'Ingrid Betancourt avec citation à la conférence USI 2017

La vérité, c’est que nous ne savons pas à quoi ressemblera notre avenir. Mais les pistes constructives sont là. Leila Janah réinvente le futur de notre économie, grâce à un modèle équitable qui sait tirer partie des technologies. Aurélie Jean redessine le visage du décideur de demain en faisant de lui un leader éclairé par le numérique et non ébloui. Mark Esposito nous offre des solutions face à la croissance démographique et le désastre écologique en puissance. Keren Elazari nous propose des clés pour s’allier aux hackers et renforcer notre cybersécurité

La liste est loin d’être exhaustive, et ne rend pas non plus justice à la pertinence de chaque intervenant.

Pour Kevin Kelly et Eddie Obeng, l’Homme doit avant tout devenir un Centaure : créature mythologique, qui saura s’allier intimement à la technologie pour se réinventer, s’épanouir…

Une nouvelle histoire prête à s’écrire.


A lire :

Interview Keren Elazari : « Les hackers ont le potentiel disruptif dont nous avons besoin »


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