Passionnée par la vie animale, Dr. Jane Goodall a consacré sa vie à l’étude et la préservation des chimpanzés d’Afrique. Primatologue, anthropologue et éthologue reconnue à travers le monde entier, elle milite désormais activement pour la préservation de notre planète. D’une passion pour le règne animal à l’étude des chimpanzés en Tanzanie

Jane Goodall - USI 2019

L’engouement de Jane Goodall pour les animaux commence dès son plus jeune âge : élevage de vers de terre dans son lit à un an et demi, observation de la ponte des poules à quatre ans… Étonnamment bien acceptée par ses parents, cet engouement mène peu à peu à un intérêt plus particulier pour le continent africain. “À dix ans, je rassemble mes économies pour acheter un petit livre d’occasion : Tarzan. Et je tombe passionnément amoureuse du seigneur de la jungle”.Dès lors, Jane Goodall n’a qu’une idée en tête : partir vivre en Afrique au milieu des animaux sauvages. Sa mère l’encourage à suivre son rêve : “si tu veux vraiment quelque chose, si tu travailles dur, si tu saisis chaque opportunité et que tu n’abandonnes pas, alors d’une façon ou d’une autre, tu y arriveras”.

Invitée au Kenya par une amie, Jane Goodall économise pendant un an son salaire de serveuse pour payer son billet de bateau. Elle est âgée de 23 ans lorsqu’elle embarque à la poursuite de ses rêves. Lors de son voyage, la jeune femme rencontre l’anthropologue et paléontologue Dr. Louis Leakey. Celui-ci se montre impressionné par ses connaissances, au point qu’il lui propose de devenir son assistante et de venir avec lui étudier les chimpanzés sauvages près du lac Tanganyika en Tanzanie. “Les premiers temps, je me suis demandée comment j’allais faire. Dès que je voyais un chimpanzé, celui-ci s’enfuyait – il faut qu’ils n’avaient jamais vu de “singe blanc”. À distance, Jane Goodall observe leur mode de vie, leur alimentation, leur langage, leur système social… et réalise une découverte d’importance : à l’instar des humains, les chimpanzés sont capables de créer et d’utiliser des outils pour s’alimenter. Cette découverte lui permettra d’obtenir des financements pour poursuivre son étude et d’être acceptée (sans diplôme préalable) à l’Université de Cambridge en doctorat d’éthologie, l’étude du comportement animal. 

Une formidable fenêtre sur les plus proches parents du genre humain : les chimpanzés

Jane Goodall entreprend ses recherches telles qu’elle l’entend : elle attribue des noms aux animaux et les humanise. Vivement critiquée par les spécialistes de l’époque pour ses méthodes peu orthodoxes, la doctorante s’accroche à ses convictions : “j’avais appris d’un de mes anciens professeurs que les humains ne sont pas les seuls êtres vivants à avoir des émotions et une personnalité – et ce professeur, c’était mon chien”. Mais en 1962, les scientifiques considèrent la différence entre les hommes et les animaux comme un abîme. Et la proximité génétique des chimpanzés et des humains (99 % d’ADN en commun) n’y change rien.

Pourtant, grâce à ses recherches sur les chimpanzés, Jane Goodall parvient progressivement à faire sortir les scientifiques de leur “boîte réductionniste”. Ses films documentaires forcent communauté scientifique à reconnaître les caractéristiques sociales des chimpanzés : ceux-ci s’embrassent, se tiennent par la main, aiment « jouer au dur ». Une fois son doctorat obtenu, Jane Goodall fonde l’Institut Jane Goodall pour la Recherche de la faune, l’Éducation et la Conservation et ouvre un premier sanctuaire pour la préservation des chimpanzés orphelins.

Préservation des chimpanzés, des populations autochtones, de la planète : même combat

En côtoyant les chimpanzés et vivant au milieu de la nature, Jane Goodall se forge une conviction : “toutes les espèces interagissent – si on en retire une, c’est toute la chaîne alimentaire qui disparaît, provoquant l’effondrement du système”. À force de voyager en Afrique, elle constate la détérioration des conditions de vie des populations locales, la dégradation des sols et la déforestation dans les mêmes zones où les chimpanzés sont menacés d’extinction. 

En 1986, elle participe à une conférence sur les chimpanzés regroupant des scientifiques du monde entier. Tous partagent le même constat. Partout, les pressions économiques et démographiques provoquent une déforestation, dramatique pour les populations chimpanzés. Ajoutée à la chasse commerciale et au trafic d’animaux vivants, la situation des chimpanzés devient intenable. “Je me suis rendue en tant que scientifique à cette conférence, et j’en suis sortie militante”. Jane décide alors de diversifier les activités de sa fondation. Après consultation des populations locales, elle lance des programmes de gestion de l’eau, propose des micro-crédits pour financer des projets respectueux de l’environnement, investit dans l’éducation des filles… En échange, chaque village impliqué fournit un ou deux volontaires pour surveiller les chimpanzés et lutter contre le braconnage. “Les populations locales ont compris l’importance de l’environnement pour leur propre futur. Le braconnage n’existe plus dans ces régions, et la forêt reprend peu à peu ses droits”.

Messagère de la Paix des Nations Unies, Jane Goodall achève la dernière conférence de l’USI 2019 sur ces mots : “l’espèce la plus intelligente de la planète est en train de la détruire. Nous nous dirigeons rapidement vers un point de non-retour. Si nous laissons les choses suivre leur cours, la faune et la flore disparaîtront, et nous aussi. Chaque individu a son rôle à jouer” à l’instar de ces jeunes engagés dans le programme humanitaire Roots and Shoots pour la préservation de notre planète.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *