Véritable prédicateur de l’innovation digitale et des leviers que doivent actionner les entreprises pour en faire une force économique et financière, Eddie Obeng a donné une conférence teintée d’humour lors de la dixième édition d’USI. À ses yeux, trop de décideurs investissent dans les nouvelles technologies tout en pensant et en agissant encore comme au XXe siècle.
« Transformer une entreprise s’avère parfois très lent » a concédé Eddie Obeng au début de son intervention, avant de transmettre ses clés pour que les firmes, petites et grandes, accélèrent et réussissent leur transformation digitale. Dans une démonstration très interactive aux accents de one-man show enjoué, ce « business educator » a tenté de simplifier les raisons de l’échec connu par nombre d’entreprises dans l’innovation digitale, et présenter les outils à leur portée pour prospérer.

En finir avec l’état d’esprit du XXe siècle

Déjà exprimé et repris à de nombreuses occasions, le concept qu’Eddie Obeng a voulu transmettre, « sans faire peur » à la salle, est celui d’un nouveau monde naissant, réclamant un changement complet d’état d’esprit et de business model par rapport au Vieux monde. « Nous vivons désormais dans un monde digital. Je souhaite vous transformer en centaures, en sur-humains. Face à des défis comme le remplacement de la main-d’œuvre par les robots ou l’intelligence artificielle, nous n’avons pas besoin d’utiliser la technologie d’une seule façon. Nous pouvons être très créatifs », a lancé celui qui a créé il y a 25 ans Pentacle, « The Virtual Business School ». « Nous sommes les héros de cette aventure du futur et nous ne devons donc pas être mis de côté. Il faut commencer par clarifier le jeu qui se déroule sous nos yeux », a-t-il poursuivi.
Dans ce monde d’ores et déjà parcouru par le digital, les gens, et les décideurs en particulier, n’ont pas toujours changé la manière dont ils conçoivent une stratégie commerciale, ni celle dont ils managent une équipe. « Vous pensez que vous êtes intelligents, mais le monde change. Un ordinateur apprend et analyse plus vite que vous aujourd’hui. Il faut en être conscient, et ce n’est pas toujours le cas », a averti, bienveillant, l’expert. Selon lui, beaucoup de dirigeants réfléchissent encore trop à leurs stratégies et leurs relations humaines en fonction de l’efficacité. Réduire les coûts, optimiser les processus… Autant de manières de penser qui vont à l’encontre d’un véritable changement : les leaders investir massivement dans les nouvelles technologies sans vraiment comprendre leur utilité. « Certains lancent des réunions pour parler innovation mais ces gens là sont restés au XXe siècle. Ils pensent qu’ils sont dans le coup mais ils n’utilisent pas le potentiel des technologies qui les entourent », a estimé Eddie Obeng. Comme il le rappelle, dans un monde où les technologies font mieux et plus vite, ce sont ceux en mouvement, ceux qui apprennent et créent qui seront équipés pour l’avenir.

Voir l’intégralité du talk de Eddie Obeng à USI 2017

 

En finir avec la peur : co-créer

Ainsi, « la technologie est là pour améliorer l’efficacité des employés et non pas pour les remplacer. Car si on remplace les employés par des machines, il n’y aura plus d’avancées, de moyens de se différencier. C’est en faisant de vos employés des centaures que vous pourrez avancer, innover. Nombre de compagnies achètent smartphones, tablettes, ou drones mais la société ne change pas son comportement. Sans ce changement, les technologies que vous avez achetées seront très vite obsolètes », clame le « business educator ».

La clé pour lui : connaître les besoins humains d’abord, pour ensuite faire entrer les technologies. « Il y a d’abord la chenille, laquelle mange, rampe, puis le papillon. Un papillon n’est pas une chenille avec des ailes. Les papillons volent, ils sont beaux. C’est complètement différent. C’est cela la transformation. Vous prenez ce que vous avez, vous accumulez les ressources, les compétences et ensuite vous pourrez voler dans ce monde », a-t-il explicité.

Citation de eddie Obeng sur la transformation digitale des sociétés à la conférence USI 2017

Reprogrammation programmée

Le besoin de changement est tel qu’Eddie Obeng estime qu’il faut donc « reprogrammer les êtres humains ». Mais pour faire cette transition en entreprise, l’idée est à ses yeux d’embarquer l’ensemble des équipes dans un mouvement d’innovation. Il ne faut pas, en parlant de transformation digitale, attiser les peurs, compréhensibles, des collaborateurs.
Et à ce professeur du business du futur de conclure : « Pour effectuer la transformation numérique, beaucoup de gens pensent qu’ils vont embaucher quelqu’un de très intelligent pour la mener, puis une fois achevée, l’éliminer. Alors qu’il faut chercher des technologies pour améliorer les gens qui bossent pour vous, lesquels continueront de créer avec vous »… dans un contexte résolument digital, mais non déshumanisé pour autant !

 


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