Ce contenu a été initialement publié sur le site internet de Forbes France.

 

François Hisquin est le fondateur d’OCTO Technology, cabinet de conseil, mais aussi le créateur & curateur de la conférence USI (Unexpected Sources of Inspiration), une des conférences les plus inspirantes en Europe.

Photo de François Hisquin, USI Curator

L’entrepreneur de 52 ans nous reçoit dans ses beaux bureaux tout neufs, avenue de l’Opéra à Paris, co-designés par ses collaborateurs. François Hisquin est un ingénieur tombé dans la marmite quand il était petit : Commodore, Atari, tout y est passé. Il choisit naturellement une école d’ingénieur après le bac, et, entre temps, l’armée, durant laquelle son amour pour l’informatique se confirme. Après plusieurs années dans une entreprise qui deviendra Atos, il crée son entreprise à 33 ans, en 1998. « Je voulais faire les choses un peu différemment de ce que j’avais vu durant ma première expérience. J’avais envie d’avoir une communauté plus petite, une communauté d’experts. À l’époque, j’utilisais l’expression “faire de la crème plutôt que du lait” », révèle-t-il. Il y a quelques mois, l’entrepreneur a vendu sa société à Accenture suite à une OPA pour 115 Millions d’Euros. Un choix assumé et nécessaire selon lui « c’était une occasion formidable pour passer à l’échelle supérieure et répondre aux besoins du marché ».

 

« Unexpected sources of inspiration »

Il y a une dizaine d’années, il assiste à une conférence Gartner à Cannes, s’ennuie et n’est visiblement pas seul dans son cas, « tout le monde passait son temps sur son ordinateur. J’assistais à des conférences de geeks mais aussi celles réunissant des patrons. Je voulais réunir un événement pour les deux publics, pour acquérir des langages communs et partager en équipe », précise-t-il. Le rendez-vous des geeks et des boss était né, pour devenir ensuite l’USI. Avant la première édition, François Hisquin et son équipe s’interrogent sur les meilleurs intervenants qu’ils souhaiteraient entendre. Le boss révèle qu’il rêve de voir Neil Amstrong sur scène (et il y parvient !) : « Chez Octoyou say it, you own it donc je me suis débrouillé ! Certes, cela met une certaine pression mais les bases de ce qu’on voulait faire étaient posées ».

En 10 ans, la conférence USI est devenue la scène européenne incontournable des grands penseurs, innovateurs et créateurs de notre temps. Big Data, innovation, holacratie, intelligence artificielle, UX Design, robotique, économie, philosophie… USI décrypte la société numérique, libère la pensée créative et envisage la transformation digitale dans toute sa complexité.

« La richesse d’USI repose sur sa diversité ; nous n’avons pas de thème arrêté chaque année et ne souhaitons pas ranger les choses dans des cases. Nous voulons provoquer une intensité intellectuelle, une émotion qui reste bien ancrée, que ce soit sur des sujets IT, de management ou encore d’innovation. Et tous sont, selon moi, intimement liés. »  précise t’il fièrement

Quelle personnalité peut l’impressionner s’il a déjà rencontré le premier homme qui a marché sur la lune ? Sans aucune hésitation, Bill Gates. Et ce n’est pas forcément pour son parcours chez Microsoft mais plus pour sa fondation. « L’impact qu’il a est extraordinaire. Son objectif était d’éradiquer la malaria en Afrique. Il l’a fait. C’est simple et les chiffres baissent. Je trouve ça fantastique, détaille-t-il. Je pense que c’est plutôt un ensemble de rencontres qui m’a forgé. Je suis assez sensible au timing. C’est la bonne personne au bon moment. »

Bandeau USI 10 ans

Le digital va vite

«  Nous sommes au début de la transformation digitale et je n’en verrai pas la fin. Quand il est sorti en 2007, un iPhone avait la puissance de tous les ordinateurs sur terre en 1984. » Même l’ingénieur et chef d’entreprise a peur du côté « dark side » du digital. Il prédit qu’il faudra, de toute façon, en limiter les usages et que ce sujet fera l’objet de quelques talks pour l’édition 2017 d’USI. Quand on lui demande d’autres informations, il oppose un non catégorique, précisant qu’il préfère garder le suspens. Mais, quand on veut savoir ce qu’est un bon entrepreneur selon lui, il hésite. Puis, lâche « un leader, visionnaire et courageux parce que ce n’est pas simple tous les jours. Et quelqu’un qui aime le risque, l’indépendance et qui respecte ses salariés. » Justement, que pensent ses employés de lui et de son entreprise ? Du bien semble-t-il, quand on se souvient que l’entreprise a été classée 2e au palmarès Great Place to Work des entreprises de moins de 500 salariés en 2015. Le management d’Octo fait d’ailleurs figure de référence sur le marché tant il vise à motiver et inspirer ses collaborateurs. « Je fais confiance à mes équipes. Je préfère que les gens me disent pardon plutôt qu’ils demandent la permission. »

 

Marathon, vélo et ado

En dehors de préparer l’édition 2017 d’USI, François Hisquin va continuer à s’occuper de son entreprise, tout en essayant de se libérer un peu de temps « pour faire des choses avec du sens ». Ses piliers, en dehors du travail ? La famille, avec 3 enfants de 22, 20 et 16 ans, qui ne suivent pas son chemin mais le leur. L’aîné fait de la musique par exemple.  « A 16 ans, il m’a expliqué que les études ralentissaient sa carrière. Les plus jeunes ont le temps ; la moitié des métiers du futur n’existent pas encore. » Autre pilier, le sport pour se maintenir en forme. Golf, vélo et surtout des marathons. Avec un temps de 3h20, le boss vient de courir celui de Tokyo (il a ainsi cumulé les 6 plus grands marathons du monde). « J’aime les objectifs. Si je n’en ai pas, je ne vais pas m’entraîner. Je fixe moi-même ma carotte pour avancer. Comme disait Amélie Nothomb, “l’apogée ça n’existe pas, il y a la croissance et puis il y a la décrépitude”, conclut-il. Ce n’est pas une phrase d’ingénieur, mais presque…

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