Qu’est ce que l’économie circulaire et pourquoi représente-elle le futur de notre société ?

Notre modèle économique a été toujours basé sur le principe de croissance « extraire, produire, vendre ». Avec le dérèglement climatique, l’érosion massive de la biodiversité et la raréfaction des ressources, l’économie circulaire apparaît comme le nouveau modèle durable à mettre en place dans le système social moderne. La circularité ne fait pas exclusivement référence au tri et au recyclage, c’est un concept qui abrite de nombreuses tendances de digitalisation, de partage et d’innovation.

Il y a quelques centaines d’années nos ressources étaient abondantes. Si un producteur avait besoin d’une matière, il suffisait d’aller l’acheter aux pays producteurs pour après l’importer et créer un produit adapté aux besoins du consommateur. Depuis la révolution industrielle, notre modèle économique s’est basé sur l’exploitation sans limite de nos ressources naturelles afin de répondre à nos exigences croissantes de niveau de vie et de consommation. Cependant, ce modèle est basé sur le fait que ces ressources soient inépuisables. Le robinet ne pourra évidemment pas rester ouvert pour toujours.

Photo de Marc Esposito avec citation à USI 2016

 

Houston, nous avons un problème…

Il existe cinq mega-trends (« méga-tendances ») qui ne sont pas une prédiction de ce que sera l’avenir, mais l’évolution logique des problèmes que nous avons aujourd’hui, et des solutions réalistes qui s’y appliquent. Elles se résument dans le framework « DRIVE ».

  • Demographic and Social Changes (Démographie et changements sociaux)

Notre espérance de vie a augmenté de 20 ans depuis le milieu du XXe siècle. La population globale vieillit, et continue inexorablement de croître. La Terre a donc désormais davantage de personnes à nourrir. Comment relever ce défi ? De plus, la population s’urbanise, pour des raisons économiques, car la productivité est plus élevée dans les villes qu’à la campagne. L’accès aux ressources et à la richesse est modifié, ce qui crée plus d’inégalités sociales et économiques.

  • Resources Scarcity (L’épuisement des ressources)

Plusieurs produits et ressources nécessaires à la vie ne vont plus être disponibles sur notre planète. La demande globale en eau potable, par exemple, va croître de 4 %. L’urbanisation massive dans les grandes villes rendra plus difficile d’assurer un approvisionnement en eau potable et une hygiène publique élémentaire. De plus, les économies émergentes vont avoir besoin de ces ressources puisque leur rythme de production va augmenter. Le manque général de nourriture va se traduire par l’augmentation générale des prix, qui va impacter le pouvoir d’achat des individus. En outre, la hausse de température globale pourrait rendre impossible la vie dans certaines régions de la Terre. La population devrait avoir tendance à se déplacer vers le nord de la planète. Or, l’homme ne prend pas conscience de l’impact de tels changements. Sans aucun doute, le nouveau business model doit être aussi adapté au rythme de notre planète.

  • Inequalities (Inégalités)

La différence entre classes sociales est plus large que jamais. L’accès aux ressources primaires, la sécurité, l’espérance de vie et la digitalisation sont les enjeux que nous devons affronter dès aujourd’hui.

  • Volatility, Scale and Complexity (Volatilité, économie d’échelle et complexité)

Certains modèles de croissance, industriels et économiques, que nous appliquons encore aujourd’hui sont obsolètes. Nous traitons certaines informations (notamment dans une logique algorithmique) en les ancrant dans un environnement que nous schématisons. Mais les variables que nous utilisons changent, il faut adapter nos modèles de décisions à la réalité au fur et à mesure que celle-ci évolue.

  • Enterprising Dynamics (la dynamique d’entreprise)

De nouvelles dynamiques d’entreprise se créent, des nouvelles manières de concevoir une activité économique profitable et créatrice de valeur. Ces nouvelles idées viennent majoritairement des pays les plus pauvres du monde, dans lesquels, pour répondre à un même besoin, les ressources sont rares et chères. On appelle cela l’économie du peu en français. L’innovation frugale du Sud doit aider le Nord à retrouver une croissance plus modeste et plus sûre, qui respecte l’environnement en gaspillant moins de ressources.

 

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L’économie circulaire, c’est quoi?

L’économie circulaire propose un nouveau modèle de société qui réutilise et optimise les matières, l’énergie et les déchets et vise ainsi à l’efficience de l’utilisation de telles ressources.

Dans notre société de consommation, avoir le meilleur ou le dernier produit sur le marché est devenu un must. Nous avons donc établi le gaspillage comme un état d’esprit. Comme conséquence, 46 % des fruits et légumes sont jetés chaque année parce qu’ils n’ont pas une apparence esthétique conforme à nos desiderata, et 60 % des bouteilles en plastiques recyclées ne se recyclent pas une deuxième fois.

L’économie circulaire doit nous permettre de « passer du jetable au durable ». Elle favorise les circuits courts afin d’éviter la perte de valeur tout au long de la chaîne de production. Ce principe reprend le cercle de recyclage pour la réparation, le réemploi et le recyclage du produit. Ceci permet l’émergence d’activités créatrices d’emplois non-délocalisables et la ré-industrialisation des territoires.

 

Pourquoi un modèle basé sur une économie circulaire ?

Selon Mark Esposito, c’est simple : nous gaspillons trop. Ce modèle apportera « des résultats performants à notre économique et il pourra résoudre les problèmes que la technologie ne peut dénouer puisqu’elle reste insuffisante face aux enjeux que nous affrontons à ce jour ».

Face à une société qui est en train de créer sa nouvelle identité et qui subit aux changements à grand vitesse, nous devons repenser à un nouveau modèle de consommation et production responsable. L’économie circulaire doit en effet s’appuyer sur un système de coopération entre tous les acteurs d’un territoire : les entreprises mais aussi les collectivités locales, les universités, les associations, etc. En France, plusieurs entreprises se basent déjà sur ce modèle pour produire de façon équitable. Rolls Royce, Uber et MUD Jeans sont des exemples concrets du fait que l’économie circulaire a de beaux jours devant elle !

 

 

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