Paul* vous décrypte l’essentiel de la conférence de Laurent Alexandre à l’USI 2014.

portrait-paulAvec sa verve didactique et son franc parler, Laurent Alexandre a le don de réveiller notre conscience. Son talk USI nous expose comment le cerveau humain devient aujourd’hui le principal business des GAFA, en particulier de Google. Mais surtout, toutes les questions éthiques, politiques et philosophiques que soulève l’exploitation nouvelle – et exponentielle – des neurosciences dans le business mondial…

 

#Must know : Laurent Alexandre

Chirurgien-urologue, auteur, Laurent Alexandre est une référence sur les questions de biotechnologie, de neurosciences et de transhumanisme qui en découlent désormais fatalement.Laurent Alexandre à la conférence USI

 

#Google, le messie

Vivre plus longtemps, augmenter son intelligence : voilà qui fait rêver l’opinion publique. Pour Laurent Alexandre, le business mondial va désormais se focaliser sur le cerveau.

C’est l’émergence du neuro-business.

Exactement le créneau de Google qui, depuis plusieurs années, investit massivement dans les ventures qui lui permettront d’assouvir ses ambitions transhumanistes : augmenter l’espérance de vie de l’homme de 20 ans d’ici 2035.

 

Il n’y a qu’à voir. Google Search (guider le cerveau), Google Glass (augmenter les sens pour augmenter le cerveau !), Deepmind (contrôler l’intelligence artificielle) Calico (augmenter la durée de vie du cerveau)… et le tableau est loin d’être complet.

Couverture des livres de Ray Kurzweil sur le transhumanisme

Les différents ouvrages de Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie chez Google.

 

Google ne veut pas seulement changer le business mondial – dont la valeur économique a d’ailleurs migré des médicaments, de la distribution, de la finance au contrôle du Big Data, de l’algorithme, des NBIC.

Il veut changer l’Homme. L’aspect messianique de la démarche prend le pas sur l’entrepreneuriat. Le truc qui peut en faire baliser certains, c’est que Google a les moyens de réussir à prendre le contrôle sur le neuro-business. Alors, faut-il paniquer ?

En tout cas, il faut se poser certaines questions. Parce qu’une chose est sûre, on est tous à la ramasse : “Un trou noir technologique nous attire
vers un futur auquel nous ne sommes pas préparés.” Gloups.

 

#L’abréviation qui tue

NBIC : Nanotechologie, Biotechnologie, Informatique, sciences Cognitives

 

 

#Bienvenue dans le “siècle du vertige” !

 

Par son action, Google nous force à nous poser des questions politiques, éthiques, philosophiques  vertigineuses qu’on n’imaginait pas il y a 10 ans.

Implants, mutations génétiques… Les neuro-technologies nous offrent des potentiels illimités.

 

  • La Chine par exemple, est prête à utiliser ses connaissances en génétiques pour favoriser le QI élevé et faire de l’eugénisme positif. Comment réguler ce pouvoir et les entreprises qui le maîtrisent ?
  • Les croyants s’opposent à l’augmentation artificielle de notre espérance de vie : et si la prochaine guerre était un conflit idéologique ? Si le clivage droite / gauche laissait place à un clivage conservateurs vs transhumanistes ?
  • Saviez-vous qu’on pouvait déjà créer un cerveau en éprouvette à partir de cellules de peau ? Au-delà de la prouesse biologique, il faut se demander quel est le statut de cette chose vivante. A-t-elle des droits, peut-on la jeter, doit-on assurer sa pérennité, la réanimer, l’écouter ?
  • Et puis, il y a toutes les dérives politiques que peuvent amener les manipulations et autres implants entre les mains de gouvernements totalitaires. Qu’auraient fait Staline et Pol Pot s’ils avaient maîtrisé les neuro-technologies ? Probablement pas un truc très noble…

 

Pour conclure, Laurent Alexandre nous pose l’ultime question : “La politique du cerveau va devenir le seul enjeu du 21e siècle. Alors, quelles limites donnons-nous à notre pouvoir démiurgique sur notre cerveau et sur l’IA ?”

On pose ça là…

Cartoon sur le talk de Laurent Alexandre

#Les citations à ressortir l’air de rien

 

  • “La neuro-révolution débute maintenant : la technologie est là,  l’idéologie transhumaniste est là, et des entreprises dotées de moyens quasi illimités sont là”.
  • “Si on avait donné les neurotechnologies aux communistes en 53 , ils nous auraient implanté des puces d’amour à Joseph Staline !”
  • “L’opinion va adorer ce fantasme démiurgique. Sa régulation n’en sera que plus complexe….”

 

#Votre take away

 

*Paul est un vétéran USI. Il a fait toutes les éditions depuis 9 ans ! Il nous résume chaque mois et à sa façon un talk USI qui l’a inspiré.

 

 

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