Ray Hammond est un futuriste reconnu dans le monde entier. Dans sa conférence à l’USI 2016, il démontre à quel point l’homme est une créature virtuelle, et nous expose l’absence de langage pour le futur technologique. Un langage avec lequel il deviendrait possible d’envisager un avenir pour l’homme, et qui permettrait aussi de prévenir la façon dont ces technologies risquent de nous impacter.

Ray Hammond on stage at USIEvents conference

En invoquant Sir Winston Churchill « Plus nous regardons loin dans le passé, plus loin nous pouvons voir dans le futur », Ray Hammond commence en se rappelant notre passé lointain et l’ancrage ancestral de notre virtualité. Selon lui, tout démarre lorsque nos ancêtres, homo sapiens, ont commencé à se tenir debout. Bien que nous ignorions toujours pourquoi certains groupes se sont mis à se déplacer debout, nous connaissons désormais les impacts que cela a eu sur le développement de l’espèce. Avec la gravité, les os à la base du crâne sont tombés vers l’arrière et ont fait de la place au cerveau pour grandir. Le larynx a également basculé vers l’arrière, libérant de la place afin que ce dernier grandisse, et puisse émettre des sons. La combinaison d’un cerveau et d’un larynx plus importants sont la principale raison de la naissance du langage, à savoir l’identification par des sons abstraits d’objets et d’individus.

Pour Ray Hammond, est virtuel ce qui a du pouvoir ou de l’efficacité sans pour autant avoir une présence physique. Si l’on s’en tient à cette racine latine du mot, le monde nous environnant, ce monde nommé, est bien virtuel.

 

4 inventions virtuelles qui ont bouleversé notre monde

Le speaker retrace ensuite la naissance et la disparition de millions de langages, avec l’invention, au sein de chaque tribu de sons pour les prénoms, pour le ciel et pour la terre : donnant un sens aux choses, mais uniquement au sein du groupe. Il fait ensuite un saut dans le temps pour se situer en Mésopotamie, au moment de la création de l’agriculture. C’est dans cette temporalité que quatre inventions virtuelles ont été faites par les humains qui ont fait du monde ce qu’il est aujourd’hui :

 

  • L’écriture alphabétique : la création de caractères individuels alphabétiques a permis la formation des mots et de la grammaire, et surtout a créé la possibilité de transmission aux nouvelles générations. Cette écriture enregistrée est bien virtuelle : ce sont seulement des signes sur une pierre ou un papyrus.

 

  • Les notions de date et de temps : alors que le cycle du soleil est bien réel, la division de cycles naturels en minutes est bien virtuelle. Il s’agit de se mettre d’accord sur un concept virtuel que l’autre peut comprendre, par exemple pour fixer un rendez-vous à une heure donnée.

 

  • Les bases mathématiques: pour le speaker, c’est bien la manière la plus élégante de décrire et mesurer le monde. Si la façon de mesurer n’est pas virtuelle, la mesure l’est.

 

  • L’argent : si la valeur existe, l’argent n’existe pas. La nourriture, l’eau, l’abri, la chaleur, l’énergie ont de la valeur. Tout le reste de la valeur est virtuel, créé par la société. Que ce soit dans une pierre, de l’or ou un billet, c’est notre acceptation commune qui donne de la valeur.

Cartoon of Ray Hammond talk at USIEvents conference

Le futuriste enchaîne sur d’autres exemples de notre virtualité. Les livres sont ainsi virtuels dans le sens où ils utilisent le langage pour stocker l’information et la distribuer, et ne peuvent être lus que dans le cas d’une compréhension commune de ce langage. De même, la navigation est une invention virtuelle de par ses repères que sont la latitude et la longitude qui sont des conventions.

« Nous vivons dans notre propre forme de réalité virtuelle »

Ray Hammond poursuit et va plus loin dans sa théorie, insistant sur le fait que nous n’avons pas de langage pour le futur. Si l’on observe les inventions passées et le vocabulaire associé, on se rend compte que les mots ont été inventés a posteriori : les caméras étaient des lanternes magiques, les voitures des carrioles sans chevaux, la locomotive un cheval de fer, on parlait de machines volantes…

De même que le mot smartphone ne nous permet pas de comprendre ce que cette innovation va représenter pour le futur, nous ne pouvons que nommer les voitures sans chauffeur par la négation. En se projetant, Hammond affirme que le smartphone nous paraîtra rapidement obsolète comparé aux lentilles, aux implants oculaires et aux bagues de contrôles.

Pour ce dernier, la réalité virtuelle n’en est qu’à ses débuts. Il la qualifie d’ailleurs de « réalité vomitive » étant donné ses défauts, notamment son manque de fluidité. Mais Hammond insiste : « nous vivons dans notre propre forme de réalité virtuelle ». Ainsi, quand la technologie de réalité virtuelle va s’améliorer, la frontière avec notre monde intérieur va devenir difficile à définir. Pour notre speaker, la seule différence est que la technologie va être contrôlable. Le rendu ne sera pas différent, rendant cette technologie complètement addictive.

 

Photo and quote Ray Hammond at USIEvents conference

Pour conclure, le futuriste nous projette en 2030 afin de nous donner un aperçu de la vie à cette époque. Les assistants logiciels des smartphones seront devenus vraiment utiles, ils auront fini par comprendre notre langage en contexte – ce qui est bien plus difficile que de gagner une partie de go ! Nous serons en commande de notre réseau corporel, et en relation avec un cerveau global, que nous avions l’habitude dans le passé d’appeler Google ! La réalité virtuelle fera partie de notre expérience, sans que nous le sachions. De ce fait, nous entamons à peine la période la plus incroyable de notre humanité. Ray Hammond conclue en faisant méditer son audience : « La réalité virtuelle est certes le futur mais est-elle si différente de la réalité virtuelle de nos vies ? ».

 

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