Insuffler l’esprit du digital dans l’entreprise en temps réel.

Les grandes organisations ne mettent plus soixante ans avant de décliner, mais quinze ans ! Dans un monde connecté, de plus en plus complexe et incertain, on constate toujours plus de compétition, d’informations et de volatilité…

Face à ces changements, une plus grande pression est exercée sur les entreprises – mais qu’il reste possible de gérer. Les plus dominantes d’entre-elles – dans le numérique – nous le prouvent en apportant des solutions pour être réactif et faire bénéficier l’entreprise de l’esprit du digital.

Passer du profit au but

Pour Aaron Dignan, CEO du cabinet de conseil d’Undercurrent, c’est presqu’un crime de gérer aujourd’hui des entreprises de la même façon qu’elles l’étaient il y a cinq, dix, voire cent ans. L’impact négatif se traduit directement par le désengagement des employés (17,5 % aux États-Unis), et surtout leur désintérêt (51 %). Pour les remotiver, il faut déjà savoir passer du profit au but : « les entreprises qui ont une vision très claire et veulent changer le monde attirent les meilleurs » assure Aaron Dignan. Le profit n’est pas délaissé pour autant, mais il est impensable sans penser à un but profond.


Photo d'Aaron Dignan à la conférence USI 2015, avec citation

– A lire : Comment manager à l’ère du digital ?

Si les entreprises ne pouvaient se construire que de façon linéaire dans le passé, la donne est changée avec les plateformes aujourd’hui. Par exemple, le service que propose Amazon et les données cloud, servent de base pour les entreprises qui arriveront après. « On peut se hisser sur les épaules des géants qui nous entourent » affirme Aaron Dignan.

Révéler les réseaux

Enfin, avec de meilleurs réseaux, « on ne relie pas uniquement les personnes mais les choses. Avec l’Internet des Objets, si une idée est géniale elle s’étendra partout dans le réseau plus rapidement qu’avant ». La puissance des réseaux s’illustre bien avec le cas d’Uber qui n’a inventé ni le GPS, ni la voiture, ni les livraisons, ni le système d’information, mais a trouvé cet espace, cette « thin line » entre ceux qui possèdent un moyen de transport et ceux qui ont besoin de transport. Ces réseaux étaient en attente, et c’est là-dessus que cette start-up a capitalisé. Airbnb fonctionne sur le même modèle.

Aaron Dignan sur la scène de l'USI 2015

Favoriser l’émergence

Pour innover et faire naître des idées, il faut aussi savoir créer l’émergence, sur le modèle du système immunitaire : la compétitivité contre les pathogènes ou divers assaillants génère des lymphocytes qui cherchent les pathogènes. Comme des start-ups, ils innovent en continu. Pour parvenir à cette émergence, il faut se détacher de la planification : « il faut être réactif et laisser le futur émerger » avise Aaron Dignan.

C’est une conviction que partage Valve, une entreprise de jeux, software et hardware spécialisée dans le gaming, qui attend de ses nouveaux employés qu’ils trouvent d’autres « génies » et que depuis leur bureau à roulettes, ils puissent avoir de la flexibilité dans leur travail.

Pour y parvenir, les organigrammes trop complexes doivent être détricotés, il faut favoriser l’accélération des changements, en s’inspirant d’entreprises comme Google et Tesla, qui n’ont pas de théorie unifiée, ou même des chausseurs Zappos et son choix d’une organisation « holocratique ».

– A lire : Interview d’Alexis Nicolas, « Le management de demain ressemblera aux communautés Internet »

S’inspirer de systèmes naturels

Mais l’inspiration se retrouve aussi dans des systèmes plus naturels, depuis les fourmis autonomes jusqu’au système immunitaire qui trouvent sa force dans sa capacité à changer et respirer malgré les pressions.

Dessin représentant une fourmi qui pensent "silly humans"

Pour cela, il faut passer du système en silos qui sépare les gens à un système de réseau, une transformation radicale n’étant pas obligatoire. Il suffit parfois d’un projet pour modifier l’organisation et faire évoluer l’entreprise en silos vers l’entreprise connectée. Remodeler les équipes et la direction sur un projet est important, même si c’est un petit projet. L’impact sur la motivation s’étend à toute l’entreprise.

L’organisation, comme la société connectée, doit accepter de « passer d’un monde privé où tout est confidentiel à l’avenir, à savoir la transparence » revendique Aaron. Il faut offrir la possibilité de voir quelle valeur peut-être extraite d’une information qui avant serait restée confidentielle. Parmi les bonnes pratiques, la société d’équipements outdoor Patagonia s’est distinguée en rendant son processus de construction public. L’entreprise a reçu en retour des critiques, qui se sont avérées constructives.

Les entreprises issues de l’économie digitale invitent à opérer une transition : passer de l’efficacité à l’adaptivité et refuser de se contenter d’une usine capable de créer une seule chose et ne pas craindre de s’élever au-dessus du modèle fixe.

– A lire : On peut encore innover en entreprise… Si, si !

Photo d'Aaron Dignan sur scène à la conférence USI 2015 avec citation "We can change anything ar anytime"

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