Saga de l’hiver – Épisode 5

SE CONNECTER À LA NATURE, OÙ EST LA PRISE ?

Depuis le confinement, les parisiens prennent conscience d’un besoin soudain de se « connecter » à la nature. Cette révélation illustre délicieusement l’opposition nature et culture que porte notre société. Le parisien adepte du monde de la culture (théâtre, gastronomie, cinéma) se tourne vers la nature quand sa culture lui est interdite. Et ce dualisme nature/culture semble être une spécificité occidentale qu’on ne retrouve pas ou moins dans la tradition orientale et notamment au Japon.

L’œuvre du Mangaka Miyazaki fait cohabiter technique et nature au même niveau. Nausicaa, princesse de la Vallée du vent virevolte sur son Möwe, sorte de planeur personnel pour faire la paix avec la forêt toxique. Le biomimétisme propose de s’inspirer du vivant pour résoudre nos problèmes et détaille d’ailleurs trois niveaux d’inspiration : les formes adoptées par les êtres vivants ; les matériaux et les processus de « fabrication » opérant chez les êtres vivants et les interactions que les espèces développent entre elles, le fonctionnement global des écosystèmes naturels. Janine Benyus, biologiste et auteure du best-seller Biomimicry, innovation inspired by nature s’est installée dans les montagnes du Montana, au nord-ouest des États-Unis. Elle y passe ses journées à arpenter les forêts, lacs, prairies et à s’occuper de ses quatre vaches et de ses trois chats. Avec son époux, elle a bâti une maison à l’image de l’écosystème local.De notre côté de l’océan, le jeune philosophe, pisteur de loups, Baptiste Morizot défend la possibilité d’établir des relations entre les humains et les autres vivants sous la forme de ce qu’il appelle une diplomatie. Il annonce « l’habitat du vivant, c’est toujours le tissage des autres vivants. D’autres vivants sont votre habitat et vous êtes le leur. » Pour lui, le grand enjeu c’est de réapprendre à vivre en commun dans un monde d‘altérités. Finalement, la crise nous aura peut être appris à ne pas voir le monde en blanc ou noir. Pas besoin de prise, j’habite le vivant ! 


No Water, No Life. No Blue, No Green. 

En tant que célèbre océanographe, biologiste marin, exploratrice, et auteure, Sylvia Earle nous transmet avec aplomb sa passion pour la nature et nous rappelle pourquoi la connaissance dont nous disposons nous oblige à réagir face à la vie sous-marine
En effet, pourquoi devrions-nous se soucier du fait que près de la moitié des récifs coralliens ont disparu ? Pourquoi un mystérieux appauvrissement en oxygène dans de vastes zones du Pacifique ne devrait pas concerner seulement les créatures qui meurent ? Tout simplement, car cela nous concerne tous. Nous devons agir. 

L’INSOLITE
(Pour s’évader)

Et la nouvelle donne dans la gastronomie ? Après la cuisine moléculaire, la tentative de cuisine note à note d’Hervé Thys, et un tsunami d’émissions culinaires, si le changement était dans la conjugaison d’une expérience des papilles avec le digital. C’est la proposition de Paul Pairet avec son Ultraviolet restaurant concept à Shanghai où vidéo mapping change au gré des plats. Une autre piste semble émerger de l’autre côté du spectre. Fini le digital, l’originalité réside dans l’alliance restaurant et maraîchage : « je cultive ce que je consomme ». Modèle poussée notamment par Alain Passard et ses huit hectares qui lui permettent d’être autosuffisant. Alors la nouvelle donne, est-elle high-tech ou low-tech?

DIGEST USI
(Pour se questionner)

Les trois infos de la semaine :


Quelles influences vont jouer les technologies sur les évolutions en cours ? Quelles technologies vont avoir le plus d’impact ? Êtes-vous suffisamment armés pour profiter des nouvelles technologies ? Dites nous ce que vous en pensez en moins de 2 minutes ! 

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