Saga du printemps – Épisode 1

LA TECH : POUR QUOI FAIRE ?

La première étape de notre Odyssée a été l’occasion d’explorer le concept de right tech, introduit par Lionel Montoliu, Vincent Bontems, Roland Lehoucq. Pourquoi revenir dans cet édito sur cette notion ? Car elle nous semble cristalliser une question centrale de notre civilisation : la technologie pour qui, pour quoi, pourquoi et avec quelles externalités ?

Chaque jour, nous prenons un peu plus conscience que ce casque à stimulation cérébrale qui fait maigrir ou cette brosse à dents connectée ne vont pas faire de nous des individus véritablement plus heureux, alors même que leur fabrication, leur acheminement, leur recyclage éventuel feront peser sur la société et la planète un coût toujours moins supportable.

Mais il n’est pour autant pas question de jeter aux oubliettes toute forme de technologie en louant les vertus d’un retour au haut Moyen-Age. Peut-être existe-t-il un chemin vers des « technologies justes », qui contribuent véritablement au progrès de la civilisation, sans nous aliéner, ni nous conduire à notre perte. Les vaccins et le vélo en font certainement partie. Le web du partage de connaissance aussi.

Mais quels sont les critères à considérer pour juger de la pertinence d’une technologie ? Comment prendre en compte toutes les externalités ? Qui devrait avoir le pouvoir d’en décider ? Il suffit de constater les efforts balbutiants d’estimation des bilans carbone pour mesurer l‘immensité de la tâche.

Pourtant, prendre le sujet à bras le corps est sans doute une condition nécessaire pour que les générations futures aient, elles aussi, des technologies utiles pour leur assurer santé, culture et bien-être.


A Digital Future that Respects Equality, Democracy and Diversity (Ramesh Srinivasan, USI 2018)

Chercheur activiste, diplômé de Harvard et du MIT, Ramesh Srinivasan étudie les relations entre les technologies, le monde politique et les sociétés à travers le monde. Il estime ainsi qu’il faut réaligner les technologies numériques avec les meilleurs intérêts pour l’humanité et lutter contre la construction d’un monde uniforme.

Ceci passe notamment par la sensibilisation de ceux qui sont à l’origine des nouvelles technologies : pour construire des systèmes d’une manière plus inclusive, il faut d’abord avoir conscience que ces technologies vivent et se répandent bien au-delà des codeurs et des ingénieurs.


L’INSOLITE
(Pour s’évader)

Un film, une techno : le média
 
Dans le film de Sidney Lumet, Network : Main basse sur la télévision (1976), c’est le réseau télévisuel qui est la technologie. Howard Beale, présentateur TV au fond du gouffre, annonce qu’il va se suicider en direct, mais son message buzze tellement qu’il est récompensé avec son propre show. Les craquages d’Howard sont une mine d’or d’audience et de parts de marché.
Ici, la technologie est au service de la superficialité, de la désinformation et d’une recherche du sensationnel. Malgré le côté suranné des décors et des costumes, cette satire est toujours d’actualité pour son regard critique vis-à-vis de la télévision, voire même de ce que nous qualifions aujourd’hui de « réseaux sociaux. »

« I’m as mad as hell, and I’m not going to take this anymore ! » (extrait)

DIGEST USI
(Pour se questionner)

– Les trois infos de la semaine :Le projet « Imagine if », hommage à l’œuvre de Sir Ken Robinson, nous invite à réinventer le monde dans lequel nous vivons.

– Aurélie Jean explique pourquoi il est nécessaire de mieux comprendre les biais algorithmiques.

– Dans le 7e épisode de « Hopecast », Jane Goodall et Razan Al Mubarak dissertent sur  l’espoir comme levier d’empowering des individus.

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