Saga du printemps – Épisode 2

CE QUE LES RÉGIMES ÉNERGÉTIQUES FONT À NOS ÉCONOMIES ET CE QUE LE NUMÉRIQUE NOUS A APPRIS

Dans une société industrialisée, le régime énergétique contribue fortement à dessiner les contours de l’économie politique. Ainsi, le système économique basé sur le charbon a nécessité des coûts importants d’extraction et de logistique qui ont donné du pouvoir à une classe sociale, celle des ouvriers, et ont amené les protections sociales dont nous bénéficions tous aujourd’hui.

Aujourd’hui, avec la sortie des énergies fossiles et la recherche d’énergies renouvelables, on peut donc s’attendre à une nouvelle transformation de nos systèmes sociaux et économiques. Deux alternatives semblent se présenter : soit une société décentralisée, avec des coopératives qui produisent leur énergie (dans ce cas, c’est plutôt le scénario d’une démocratie participative qui se dessine) ; soit une société très centralisée et autoritaire, avec des partenariats public/privé importants. Si le premier scénario, celui d’une démocratie participative décentralisée à la préférence des forces progressives et démocratiques, on peut se demander ce qui justifierait l’alternative centralisée et autoritaire…

Le monde des technologies numériques a en fait déjà été confronté à cette alternative, et on peut dire que c’est clairement le modèle centralisé qu’incarnent les GAFAM qui s’est imposé, au détriment d’une vision du web très décentralisée, où chacun pouvait avoir son serveur de messagerie, son serveur web, etc. Les architectures numériques actuelles nous donnent donc un aperçu de ce que nos sociétés pourraient devenir avec les enjeux d’investissement que représentent les énergies renouvelables.

Y a-t-il une fatalité à ce que le modèle chinois, qui incarne pleinement le scénario centralisé et autoritaire, devienne la seule issue possible ? Il y a essentiellement deux leviers pour l’Europe : le levier fiscal et le levier législatif, et ce n’est pas un hasard si les questions du numérique ont maille à partir avec ces deux sujets. En essayant de se positionner hors des politiques fiscales et législatives territoriales, les géants du numérique nous ont donné sans le savoir une expérience dont nous devrons tirer les leçons afin de dessiner des alternatives.


POUR UNE ÉCONOMIE DU CLIMAT

Creating Economic Opportunities by Improving the Climate (Felipe Calderón, USI 2018)

Doit-on choisir entre prospérité et développement d’un côté, et lutte contre le dérèglement climatique de l’autre ? La réponse est non pour Felipe Calderón, ancien chef d’État du Mexique (2006 à 2012) et président de la Commission mondiale sur l’économie et le climat.

Au contraire, il affirme que « la réduction des effets de serre peut générer de la croissance, elle peut créer des emplois et réduire la pauvreté. » Un talk résolument optimiste qui s’appuie sur une démonstration à la fois dynamique et didactique !


L’INSOLITE
(Pour s’évader)

Un film, une techno : dominer le monde
 
Le point de bascule de l’évolution de la technologie est la domination. C’est le moteur de la saga Terminator de James Cameron : Skynet prend son indépendance trouvant les humains pas si cool que ça et décide de les exterminer. Mais c’était sans compter sur John Connor et sa mère, le duo œdipien le plus explosif du cinéma…
La techno sans garde fou qui devient conquérante, on la retrouve également dans la série de films Matrix des sœurs Wachowski (quand y a plus de pétrole, y a des humains !), dans le génialissime War Games de John Badham (OK Boomer !) et bien d’autres encore. Thème classique du cinéma de SF où l’ennemi et l’objectif sont tous trouvés. Qui est prêt pour sauver le monde ?

DIGEST USI
(Pour se questionner)

Books read by Kevin Kelly : les conseils de lecture de l’auteur de « What technology wants » !

– Les plateformes numériques, sujet à débat : Frédéric Fréry et Dominique Méda parlent des limites de l’ubérisation.

Le capitalisme est-il réformable ? La revue Études et l’institut Rousseau ont invité Gaël Giraud et Thomas Piketty à en débattre…

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