Saga du printemps – Épisode 3

TECHNOLOGIE ENTRE UTOPIE ET DYSTOPIE

On prédisait que la télévision serait une fenêtre sur le Monde. Mais aujourd’hui, c’est le siège de la télé-réalité – succession de scandales, piège à audimat. 

On annonçait qu’Internet serait le réseau pour interconnecter le Monde. Mais aujourd’hui, c’est le méga échangeur des autoroutes des réseaux sociaux – piège de l’attention.

À bien y regarder, la technologie oscille entre utopie et dystopie. Dans la fiction, elle s’est souvent orientée vers les dystopies pour des raisons évidentes d’intérêt scénaristique : il est plus facile d’écrire une histoire rythmée par des conflits et des enjeux dramatiques. Ainsi, tour à tour, la technologie asservit l’Homme, le domine, exacerbe ses pulsions, creuse les fossés inégalitaires… Les rares fois où la technologie est utopiste, elle est libérée des contraintes : sans limitation, ni d’énergie, ni d’espace, ni de matière… Bref, elle est utopiste mais sans ancrage dans le réel.

C’est la panne des imaginaires technologiques que le chercheur-designer Nicolas Nova annonce dans le livre du même nom. Et si l’on constate l’émergence de disciplines telles que le design fiction (Sterling) ou le design critique (Dunne & Raby) pour favoriser une projection dans le futur, cette dualité utopie/dystopie persiste encore.

Ne nous manquerait-il pas une technologie “utopiste poétique” ? Le Réalisme poétique d’après-guerre appliqué à notre époque, une invitation à voir la technologie autrement, poétiquement ! Une technologie qui apporterait non pas seulement force et puissance, mais aussi beauté et grâce. Une technologie qui aurait pour but de rendre le Monde moins immonde. Quitte à humaniser la technologie, autant lui donner la saveur de la poésie !


COMMENT RENDRE LE MONDE MEILLEUR ?

Open Discussion : Réflexions pour un monde meilleur (Emmanuelle Duez, Marcel Gauchet et Cédric Villani, USI 2019)

Retraçant nos succès et nos erreurs passés, une question se pose : comment en sommes-nous arrivés là ? Ce constat sera le fondement d’une réflexion plus riche, englobant à la fois le rôle de l’innovation et les choix qui s’offrent à nous

La technologie peut-elle rendre notre monde meilleur ? Comment réinventer notre modèle ? Faut-il tout reconstruire ? Quelles sont les solutions à long et court termes ? Peuvent-elles venir du peuple ? Le politique a-t-il (ou devrait-il avoir) le même poids ?


L’INSOLITE
(Pour s’évader)

Un film, une techno : le transhumanisme
 
Devenir machine c’est tout le propos de Tetsuo, un film japonais réalisé par Tsukamoto. Dans cette œuvre expérimentale de science-fiction, le héros devient volontairement technologie, en s’insérant dans le corps des morceaux de métal. Ici, l’idée est de faire un : nous embrassons la prophétie du transhumanisme qui nous incite à fusionner avec la techno pour continuer à concurrencer l’IA. 
On retrouve ce thème dans le très pop Robocop de Paul Verhoeven, dans Star Wars (entre la main bionique de Luke ou l’assistance respiratoire de Dark Vador), mais aussi dans Ghost in the Shell et d’autres oeuvres de cyberpunk où agrémenter son corps de plug-in est à la mode. Alors, on se fait une petite mise à jour !

DIGEST USI
(Pour se questionner)

Keren Elazari (speakeuse USI 2017 et 2021) et Alec Ross parlent de l’impact géopolitique de la cyberguerre.

« Aujourd’hui, on est dans l’orgie numérique » : Alain Damasio nous invite à sortir de nos technococons…

– Pour en finir avec la dystopie, Cli-Fi Imaginarium encourage la rébellion créative et propose de nouveaux imaginaires..

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